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Les Dossiers Thématiques de La Rescousse

Tous les mois un dossier thématique pour mieux comprendre les enjeux, les règles, les innovations dans l'enseignement, la formation et l'emploi pour aller un peu plus loin...

Au sommaire :
Le redoublement
Quels métiers préparer pour demain ? (les métier en 2015...)

Le point sur le redoublement.

Le redoublement est-il efficace ?
Quelles en sont ses limites et quels constats ont-ils été fait ?

Notre expérience des difficultés rencontrées par les élèves nous pousse à avoir un avis très réservé sur la question. En effet nous rencontrons tout au long de l'année des jeunes éprouvant des difficultés pour lesquelles un redoublement a été prononcé. Force est de constater que dans la majorité des cas ce redoublement ne s'avère pas efficace, il est même souvent contre productif. Ce constat s'opère chaque fois que nous sommes en présence d'un élève "rétrogradé" uniquement pour des problèmes de notes. Que fait donc cet élève avec des notes aussi lamentables dans le système scolaire ? Pourquoi n'a t-il pas bénéficié d'une aide pour l'empêcher d'en arriver là ? L'école n'est-elle pas conçue pour aider aussi les plus faibles ?
Résultat: des enfants plutôt matures physiquement ou précoces sur le plan intellectuel se voient déstabilisés par des décisions irresponsables prononcées à leur encontre. D'autres élèves subissent des troubles de l'apprentissage qui, s'ils ne sont pas détectés ni aidés, redoublent sans que cette décision ne leur apporte bien souvent, le moindre avantage… D'autres pour finir et non des moindres, parce qu'ils ont "un poil dans la main" ou parce qu'ils vivent des évènements difficiles sur le plan personnel ou familial se voient aussi proposés au redoublement sans que ces éléments parfois lourds ne soient pris en compte.
Le redoublement peut parfois être nécessaire, pour un élève qui a, par exemple, besoin de plus de temps pour s'adapter au passage de l'école primaire au collège et du collège au lycée… ou encore s'il repose sur une analyse complète de l'individu (et des conséquences psychologiques pouvant avoir un impact sur l'élève). Quelle que soit la raison, le redoublement devra être accompagné d'une aide concrète et efficace.

Quelques pistes pour vous faire votre propre idée :

Les apports de la recherche sur l’impact du redoublement comme moyen de traiter les difficultés scolaires au cours de la scolarité obligatoire.
Rapport établi, par Jean Jacques PAUL, Directeur de l’IREDU, Université de Bourgogne/CNRS, en 2004 à la demande du Haut Conseil de l'Education.
http://cisad.adc.education.fr/hcee/documents/Rapport_Paul_Troncin.pdf
ou
http://lesrapports.ladocumentationfrancaise.fr/BRP/054000103/0000.pdf

Le redoublement permet-il de résoudre les difficultés rencontrées au cours de la scolarité obligatoire ?
AVIS du Haut Conseil de l’Evaluation de l’Ecole, déc 2004
«Il serait certainement contre-productif, et peu crédible d’interdire autoritairement le redoublement, et de pratiquer la promotion automatique, comme le font certain pays, mais le redoublement, tout particulièrement à l’issue des premières années d’école primaire, ne doit être utilisé qu’en dernier recours.»
http://cisad.adc.education.fr/hcee/documents/avis14.pdf

Le redoublement : radiographie d'une décision à la recherche de sa légitimité
Thèse de Thierry Troncin, juillet 2005, Université de Bourgogne.

Cette recherche sur le redoublement au cours préparatoire dresse un état approfondi des connaissances sur cette question qui suscite beaucoup de discussions animées entre les chercheurs et le corps enseignant, et ce depuis longtemps. En alliant les approches historique, comparative, économique et pédagogique, elle rend compte des principaux résultats attachés aux multiples facettes de cette mesure qui s'avère être plus qu'un "fait scolaire". La contribution empirique de cette étude s'articule autour d'un suivi longitudinal sur deux ans d'une cohorte de plus de trois mille élèves scolarisés au cours préparatoire dans des écoles publiques du département de la Côte d'or. Nous mettons en évidence que le redoublement fait l'objet d'opinions favorables chez les enseignants, les élèves et leurs familles, en particulier lorsqu'il est proposé en fin de cours préparatoire. Les entretiens conduits auprès des redoublants et de leurs proches montrent néanmoins que cette expérience n'est pas neutre et qu'un statut négatif du redoublant existe. Cette année supplémentaire n'apporte pas les bénéfices escomptés sur le plan des acquisitions scolaires.
http://tel.archives-ouvertes.fr/docs/00/14/05/31/PDF/05076.pdf

Une régression : le redoublement
L’actualité éducative du N°433 de mai 2005
Par Jacques George
http://www.cahiers-pedagogiques.com/article.php3?id_article=1563

Regard sur l’éducation 2006
Rapport de l’OCDE

«À l’instar des autres formes de différenciation institutionnelle, le redoublement est considéré par certains, en particulier les enseignants et les chefs d’établissement, comme une stratégie permettant de faciliter l’apprentissage et d’améliorer les performances, dans la mesure où les élèves en difficulté sont intégrés dans des classes homogènes et peuvent bénéficier d’un enseignement plus adapté à leur niveau. De nombreuses études montrent que les redoublants ne sont pas plus susceptibles d’obtenir de meilleurs résultats que leurs condisciples, à niveau égal de compétence (Jimerson, 2001). Dans un tiers des pays de l’OCDE, toutefois, le redoublement est fréquent : le pourcentage d’élèves de 15 ans déclarant avoir redoublé au moins une fois va de 7 % en Grèce à 38 % en France.»
http://www.oecd.org/dataoecd/51/25/37392770.pdf

Redoubler à l'école : cela n'a guère de sens !
Une étude de l’université de Fribourg, menée par Gérard Bless, Marianne Schüpbach et Patrick Bonvin sur l’efficacité du redoublement en Suisse.
Lire un article de presse :
http://www.unifr.ch/webnews/fr/detail.php?nid=309

Le redoublement est moins un problème qu’une solution
Comprendre l’attachement social au redoublement en Belgique francophone.
Par Hugues Draelants, juillet 2006
http://www.uclouvain.be/cps/ucl/doc/girsef/documents/052cahier.pdf
A contre pied des nombreuses études pédagogiques qui montrent son inutilité, H Draelants entend présenter l’attachement social au redoublement.


Quels métiers préparer pour demain ?
Ou les perspectives d'emploi à l'horizon 2015.

De nombreux parents nous posent la question de savoir quels seront les métiers ou les secteurs d’activités qui recruteront lorsque leurs enfants arriveront sur le marché du travail dans quelques années.
Des études répondent à ces interrogations et donnent des pistes pour les années à venir.
Vous en trouverez les grandes lignes ci-dessous ainsi que les rapports intégraux disponibles au format PDF.

Et bien bonne nouvelle pour commencer car « Pour la première fois depuis les années 70, les personnes sortant de l’emploi en fin de vie active quitteront autant, voire plus de postes qu’il n’y aura d’emplois recherchés par les jeunes arrivant du système scolaire ».

C’est ce que les études publiées par le Commissariat général du Plan en 2005 et par le Centre d’Analyses Stratégiques en 2007 nous apprennent.

D'ici 2015, 750 000 séniors quitteront le marché du travail chaque année, contre 410 000 à l'heure actuelle. 80% des postes à pourvoir d’ici 2015 seront liés à des départs à la retraite. Il y a toutefois peu de probabilité que chaque départ corresponde réellement à une création de poste. Les employeurs reverront leur modes d’organisation en fonction de leur intérêt pour améliorer leur gain de productivité quitte à baisser leurs effectifs, d’autres privilégieront le recrutement interne pour faire face à ces mêmes besoins. Cependant « Les gains de productivité devraient rester importants et la concurrence internationale imposera toujours aux entreprises de se positionner sur des créneaux à forte valeur ajoutée nécessitant surtout des ouvriers qualifiés »

Les secteurs d’activités les plus attractifs seront ceux concernés par des départs importants dans leurs effectifs et dont l’activité sera en augmentation alors que l’agriculture et l’industrie vont continuer à perdre des emplois. « Même si l’on assiste dans les emplois de service à une polarisation accrue entre des postes à haute qualification et des emplois moins qualifiés, les jeunes auront tout intérêt à viser des hauts niveaux de diplôme », souligne Olivier Chardon, qui a mené l’étude du Commissariat général du Plan.

De nombreuses opportunités pour les métiers à haute qualification.

Enseignants – Cadres administratifs et dirigeants – Informaticiens – Infirmiers/Sages Femmes – Cadres commerciaux…

Les métiers de la Gestion, notamment administrative, financière et comptable devraient proposer de nombreux emplois dans les années à venir.

Selon le Commissariat général du Plan, 304 000 postes de cadres administratifs, 189 000 cadres commerciaux et 207 000 postes d’informaticiens seront à pourvoir d’ici 2015. L’enseignement et la recherche pour leur part devraient recruter 360 000 personnes dans cette même période. On prévoit déjà un recrutement difficile, principalement dans les matières scientifiques (lire à ce sujet la note de veille n°30 du Centre d’Analyses Stratégiques). Ce secteur sera cependant profondément touché par les départs à la retraite, ce qui laisse penser que le recrutement portera massivement sur de nouvelles recrues.

Les secteurs sociaux, médicaux et paramédicaux en hausse.

Assistante maternelle / Aides à domicile – Agents de services et d’entretien – Aides Soignants – Conducteurs de véhicules – Fonction publique (de catégorie C)…

Les métiers du domaine social et les services aux particuliers bénéficient de perspectives qui s’annoncent très intéressantes. Secteurs dans lesquels de nouveaux métiers vont apparaitre.

La santé, l’action sociale, culturelle et sportive ainsi que les services aux particuliers devraient représenter l’essentiel des créations d’emplois d’ici 2015.

Le vieillissement de la population créé une demande croissante de services d’assistance et de soins qui représente 412 000 postes à créer.

Le secteur médical et paramédical sera également très attractif, notamment avec des besoins de plus en plus importants en infirmières, sages-femmes et aides-soignants : au moins 200 000 postes à pourvoir. Les ophtalmologues, urologues, orthopédistes et masseur-kinésithérapeutes seront eux aussi particulièrement demandés.

Vers des parcours de plus en plus variés ?

Quel que soit le secteur d’activité concerné, les jeunes qui entrent aujourd’hui déjà sur le marché du travail doivent se préparer à exercer plusieurs fonctions dans la même branche, y compris au sein d’une même entreprise. Le simple savoir technique ne suffira plus dans de très nombreuses situations. Les compétences multiples et transversales seront les plus recherchées, ainsi le comptable de demain devra avoir acquis de réelles compétences en matière de management, le scientifique en matière de gestion ou le commercial en finances…

Autant de raisons d'élargir dès aujourd’hui le champ de ses compétences, diversifier ses connaissances et ses diplômes !

Source et liens conduisant aux documents cités au format pdf :

« Les métiers en 2015 : L’impact du départ des générations du baby-boom sur les métiers. », étude du Commissariat général du Plan, décembre 2005. 

« Les métiers en 2015 » - rapport du groupe Prospective des métiers et qualifications – Centre d’Analyses Stratégiques, janvier 2007.

« La France souffre-t-elle d’une désaffection de ses étudiants pour les filières scientifiques ? – Note de Veille du Centre d’Analyses Stratégiques, octobre 2006